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Olga NÁDVORNÍKOVÁ

By 23 janvier 2024février 1st, 2024Professeur·es invité·es 2024

Mai 2024

4 séminaires

Olga Nádvorníková est enseignante-chercheuse à l’Université Charles à Prague, spécialisée en linguistique contrastive et en traductologie basées sur des corpus linguistiques. Elle est également coordinatrice de la section française du corpus multilingue InterCorp, récemment annoté en Universal Dependencies.

Dans le cadre de sa recherche contrastive, Olga Nádvorníková se concentre sur l’analyse des formes non-finies des verbes en tchèque, français, anglais et polonais, ainsi que sur l’impact des différences structurelles entre les langues sur la complexité syntaxique des phrases et sur les modifications de la segmentation en phrases en traduction. De plus, elle réalise des analyses de corpus centrées sur les traditions stylistiques en tchèque, anglais et français, telles que l’analyse de la variabilité lexicale des verbes introduisant le discours direct dans les textes littéraires. Elle a également publié plusieurs travaux consacrés aux principes méthodologiques de la recherche contrastive et traductologique basée sur des corpus linguistiques.

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Mardi 7 mai | 15h-17h | Salle Séminaire du Département des Sciences de l’Antiquité (45 rue d’Ulm)
Regarder à travers les corpus multilingues : Les co-verbes en français, polonais et tchèque 

La conférence abordera un sujet situé à la frontière entre la linguistique contrastive et la typologie : les co-verbes (converbs) en français, en polonais et en tchèque. Dans la littérature typologique, le co-verbe est défini comme forme verbale non-finie ayant pour fonction principale d’exprimer la subordination adverbiale (Haspelmath 1995 et Ross 2021). Le gérondif français est l’exemple prototypique de co-verbe (Nedjalkov 1998), ainsi que les co-verbes dans les langues slaves (en l’occurrence imiesłów przysłówkowy en polonais et transgressif en tchèque, Nádvorníková 2021b). Des études antérieures ont montré que ces trois formes présentent d’importantes similitudes syntaxiques et sémantiques (Čermák et al. 2020) : ce sont des co-verbes canoniques (stricts), c’est-à-dire des formes limitées à la fonction converbale (adverbiale). De plus, ces trois formes partagent des proportions presque identiques des différents effets de sens, la signification de base étant celle de circonstance concomitante. Malgré ces similitudes, ces formes diffèrent toutefois de façon significative en fréquence dans les textes littéraires : 4 000 ipm (i.e. instances per million) en polonais, 1 700 ipm en français et seulement 200 ipm en tchèque (Nádvorníková, 2023). Nous allons montrer que ces différences sont dues à des différences diachroniques, puis à l’aide de corpus parallèle français tchèque-polonais, nous étudierons l’impact de ces différences sur la (non)-équivalence des trois formes dans la langue contemporaine. Les données parallèles nous permettront, entre autres, de mieux comprendre la concurrence entre le gérondif et le participe présent en français, en particulier grâce à la distinction entre « le contenu orienté vers le participant ou vers l’événement » (Schultze-Berndt & Himmelmann 2004).

Mardi 14 mai | 15h-17h | Salle Séminaire du Département des Sciences de l’Antiquité (45 rue d’Ulm)
Modifications de la segmentation en phrases dans les traductions entre le tchèque, le français et l’anglais : questions de simplification, explicitation et normalisation en traduction

La conférence portera attention à la complexité syntaxique en étudiant (quantitativement) les changements de la segmentation en phrases observables dans les traductions entre le tchèque, le français et l’anglais (voir aussi Nádvorníková 2021c). Ces changements de segmentation révèlent des différences liées à la complexité syntaxique des phrases dans chacune des trois langues en question. Ils sont dus non seulement aux différences systémiques entre les langues, en particulier à la disponibilité des constructions non-finies, mais également aux tendances universelles de la traduction vers la simplification et la normalisation (Baker 1995). Ainsi, dans les textes littéraires, indépendamment du sens de la traduction, les phrases longues du texte source se voient souvent coupées en segments dont la longueur correspond à la phrase typique (« normale ») de la langue cible, le résultat étant la simplification du texte source. Vice versa, les phrases courtes sont souvent reliées en unités phrastiques plus complexes (par exemple dans les traductions anglaise et tchèque de L’Etranger de Albert Camus).

Mardi 21 mai | 15h-17h | Salle des Actes (45 rue d’Ulm) | Dans le cadre du colloque « Espace, métaphore et traduction »
Principes méthodologiques de l’analyse contrastive sur corpus multilingues : Exemple de la sémantique spatiale

Les corpus linguistiques ont changé la donne dans de nombreux domaines linguistiques, permettant aux chercheurs d’exploiter de larges bases de données d’occurrences concrètes dans des contextes authentiques. L’apparition de corpus parallèles (multilingues), dans les années 1990, a ensuite élargi ce champ de recherche à la comparaison entre deux (ou plusieurs) langues. L’objectif de cette conférence est de montrer les nouvelles possibilités offertes par ce type de corpus dans le domaine de la sémantique spatiale, en utilisant de larges données disponibles dans le corpus multilingue InterCorp, annoté récemment en Universal Dependencies. En premier lieu, nous allons présenter les possibilités de l’analyse de l’emploi métaphorique des verbes de mouvement à l’aide de ce nouvel outil et les (im)possibilités de la traduction de ces métaphores entre deux langues : le français et le tchèque. En deuxième lieu, nous allons rappeler certains problèmes épistémologiques liés aux spécificités de la langue de traduction (Nádvorníková 2017a, 2017b, 2020), en particulier l’impact possible des interférences, observé par exemple dans la différence de fréquence de l’expression de la manière de mouvement entre les textes originaux et les textes traduits d’une langue présentant les traits typologiques différents (voir par exemple Cappelle 2012, Molés-Cases 2019).

Mardi 28 mai | 15h-17h | Salle Séminaire du Département des Sciences de l’Antiquité (45 rue d’Ulm)
Analyse contrastive de la complexité syntaxique à l’aide de corpus parallèles annotés en Universal Dependencies : Promesses et écueils 

Universal Dependencies représentent un schéma d’annotation morphosyntaxique commun appliqué actuellement à 114 langues différentes du monde entier, y compris le français et le tchèque (Marneffe et al. 2021, Zeman 2018, Gerdes et al. 2018 pour Surface Syntactic Universal Dependencies, etc.). L’objectif de cette conférence est d’explorer les possibilités d’exploitation du corpus parallèle InterCorp récemment annoté en Universal Dependencies dans le domaine de la recherche contrastive de la complexité syntaxique. Dans la première partie de cette intervention, nous allons brièvement rappeler les principes de l’annotation selon Universal Dependencies et les améliorations apportées par l’équipe d’InterCorp. Ensuite seront présentées les principales mesures de la complexité syntaxique (Jagaiah et al. 2020, etc.) et leur applicabilité dans l’analyse contrastive. Dans la dernière partie, nous allons montrer les premiers résultats de cette recherche, limitée aux textes narratifs en tchèque et en français.

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