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Céline GAHUNGU

By 17 septembre 2021octobre 4th, 2021Post-doctorants lauréats

Céline GAHUNGU

Mes travaux portent sur les littératures africaines francophones. Je m’intéresse plus particulièrement à la question des archives (poétiques, questions liées à l’édition), aux liens entre création littéraire et médium radiophonique via le théâtre radiophonique issu du Concours théâtral interafricain, et aux dynamiques induites par la coopération radiophonique franco‑africaine.

Projet EUR : Les pièces radiophoniques du Concours théâtral interafricain.

Mon projet postdoctoral a pour objectif d’analyser les circulations qui se sont jouées entre la France et l’Afrique à partir d’un cas particulier : le Concours théâtral interafricain (CTI), analysé dans sa dimension radiophonique. De 1968 à 1991, le CTI, tout à la fois élaboré comme une émission radiophonique populaire et un prix littéraire dévolu aux créations dramatiques africaines francophones, fait l’objet de radiodiffusions via l’Office de coopération radiophonique (OCORA), la Direction des affaires extérieures de la coopération (DAEC), puis Radio France Internationale (RFI).

Fondée sur l’étude de pièces radiophoniques, cette recherche vise une mise en perspective d’un corpus intermédial, né des relations franco-africaines à la suite des Indépendances. Le CTI, en effet, émane du ministère de la Coopération. Conçu à la suite d’un voyage de l’universitaire Jacques Scherer dans dix États africains (1966-1967), le Concours est officiellement créé à Paris, lors d’une réunion à laquelle Françoise Ligier, à la tête des programmes africains de l’OCORA, convie des directeurs de radiodiffusions africaines. Quelle est l’organisation du prix à ses débuts ? Issu de la radiodiffusion française, un comité de lecture évalue chaque année les pièces en compétition puis en sélectionne cinquante-deux, mises en voix et diffusées par l’émission Première chance sur les ondes retransmise dans l’ensemble de l’Afrique francophone. Douze tapuscrits, classés parmi les meilleurs, sont ensuite proposés à un jury final qui, à la fin des votes, décerne cinq prix, promesse, plus ou moins assurée, d’une publication dans la collection « Répertoire théâtral interafricain » de l’ORTF‑DAEC.

Le but poursuivi par les créateurs du CTI est de « susciter un théâtre africain[1] » depuis la France rétablie, en quelque sorte, dans ses fonctions démiurgiques. En quoi le modèle d’une littérature « suscitée » à partir de l’ancienne métropole a pu peser sur la création des pièces radiophoniques ? Comment ces dernières ont-elles été conçues ? Quel rôle les radiodiffusions africaines ont-elles joué dans cette entreprise partagée ? Qu’est-ce que ce théâtre radiophonique révèle du paysage culturel, politique et médiatique de la francophonie ?

[1] Françoise Ligier, « Lettre ouverte à Monique Blin à l’occasion d’un anniversaire », Notre Librairie, « Créateurs africains à Limoges. Festival international des francophonies en Limousin », numéro hors-série, septembre 1993, p. 10.

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