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Caroline MOUNIER-VEHIER

Caroline MOUNIER-VEHIER

Agrégée de Lettres modernes et docteure en Études théâtrales, Caroline Mounier-Vehier a soutenu en 2020 à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 une thèse intitulée La scène lyrique baroque au XXIe siècle : pratiques d’atelier et (re)création contemporaine, sous la direction de Julia Gros de Gasquet (MCF HDR Études théâtrales, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) et de Thierry Favier (PR Musicologie, Université de Poitiers). Elle y étudie les conditions de production, d’interprétation et de réception des spectacles lyriques baroques sur la scène contemporaine, propose une analyse des discours tenus à leur sujet et consacre un cas d’étude aux premiers opéras vénitiens.
Caroline Mounier-Vehier a enseigné en tant que doctorante contractuelle (2014-2017), puis ATER en Études théâtrales (2017-2021). Elle a également donné des cours d’histoire et de théorie du théâtre à l’ENSATT (2019-2020) et à l’ESAD (2021-2022).
En 2021-2022, elle bénéficie d’un contrat post-doctoral au sein de l’EUR Translitterae / PSL.

Projet EUR : Persistances et distorsions du théâtre racinien sur la scène lyrique européenne

Qu’ont en commun la tragédie classique et un oratorio biblique de Haendel, une tragédie en musique de Rameau ou de Gluck, un opera seria de Mozart, un opéra tragique de Rossini, une cantate de Britten ou encore un opéra contemporain de Michael Jarrell ? Une œuvre dramatique : celle de Jean Racine (1639-1699), emblématique de la première, hypotexte fécond des seconds. Un premier état des lieux a permis d’identifier vingt-quatre œuvres musicales de différents genres et courants artistiques, créées en Europe depuis le XVIIIe siècle, qui toutes trouvent une source d’inspiration dans l’une des pièces du dramaturge français. Neuf des douze pièces écrites par Racine entre 1664 et 1691 ont ainsi été reprises dans au moins un livret d’opéra depuis le début du XVIIIe siècle. Certaines sont adaptées plus souvent que d’autres : Phèdre connaît quatre adaptations par exemple, Andromaque trois, Bérénice deux. Cette dernière a en outre fait l’objet de l’adaptation la plus récente, en 2018, à l’occasion d’une commande de l’Opéra national de Paris au compositeur suisse Michael Jarrell (1958-). Trois siècles d’histoire de l’opéra et plus largement de la scène musicale peuvent ainsi être parcourus en suivant le fil du théâtre racinien, qui nous invite à traverser de grandes capitales européennes de la musique, de Naples à Londres, Paris, Turin, Milan, Venise, Rome ou Dresde, et à aller à la rencontre de compositeurs aussi connus que Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) ou Gioachino Rossini (1792-1868), mais aussi de musiciens moins célèbres, comme l’Italien Gaetano Latilla (1711-1788) ou le Français Albéric Magnard (1865-1914).
En dépit de l’importance de Racine dans le canon littéraire et théâtral français, l’adaptation de ses pièces sur la scène lyrique a encore été peu étudiée. C’est pourtant une entrée stimulante pour porter un regard renouvelé tant sur les principales dramaturgies musicales en Europe que sur le théâtre racinien lui-même. C’est aussi celle que choisit ce projet de recherche, avec plusieurs objectifs. À partir de l’étude de l’adaptation des pièces de Racine sur la scène lyrique, il s’agit d’abord de proposer une nouvelle approche dramaturgique tant du théâtre racinien que des différents genres qui s’en emparent. La confrontation des œuvres avec leur hypotexte racinien, dans une perspective comparatiste, peut contribuer à mettre en valeur des caractéristiques et des modes de fonctionnement propres à chaque genre, tout en ouvrant la voie à des rapprochements parfois inattendus. Cette étude entend ainsi en particulier apporter un éclairage nouveau à la dimension opératique des pièces de Racine. Enfin, elle représentera une double contribution à l’histoire du spectacle puisqu’elle s’intéressera à la fois à l’histoire de l’opéra et à celle de la réception de l’œuvre de Racine, dans une perspective pluridisciplinaire et diachronique.

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