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Mardi 8 juin 2021, 10h-12h

Souffler une vitalité chez le poète décadent : la traduction par Lu Xun des Fenêtres et sa place dans la lecture chinoise de Baudelaire au XXe siècle

YANG Zhen

(Conférences en ligne - Zoom)

Dans l’imaginaire culturel collectif des Chinois d’aujourd’hui, la Guerre de l’opium de 1840 constitue le point de départ du déclin de la Chine. Des images représentant les Chinois en train de fumer de l’opium sont vues comme un symbole de décadence de la nation. Cependant, dans sa traduction du Symbole du spleen de Kuriyagawa Hakuson (Beixin shuju, 1925), Lu Xun (1881-1936) présente Baudelaire qui fume de l’opium comme une incarnation de la vitalité. Lu Xun emploie le terme chinois « vitalité »(生命)pour traduire la « vie » dans Les Fenêtres, inscrivant ainsi le poète français dans la construction du discours critique des caractères nationaux des Chinois.
Comment le poète décadent fumant de l’opium peut-il, sous la plume de Lu Xun, représenter un pays puissant ? Comment Lu Xun conçoit-il une puissance moderne et les citoyens qui la représentent ? Comment cette conception se manifeste-t-elle dans l’image de Baudelaire construite par Lu Xun ? Notre conférence vise à répondre à ces quelques questions.
La renaissance de la nation constitue l’un des thèmes centraux pour la Chine d’aujourd’hui. Or il existe des divergences sur la définition de la puissance véritable, divergences liées en particulier à différentes conceptions des rapports entre l’État et les individus. Des réflexions sur ces rapports se manifestent également dans la lecture chinoise de Baudelaire tout au long du XXe siècle. Nous allons en exposer quelques exemples, qui peuvent être lus comme un prolongement et un enrichissement de la réception de Baudelaire par Lu Xun. 

Pour s’inscrire, écrire à Florence Lévy : florence.levy@ens.psl.eu

Télécharger l’affiche de la rencontre ici.