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Sarah HASSID

By 26 octobre 2021novembre 2nd, 2021Post-doctorants lauréats

Sarah HASSID

Historienne de l’art et musicologue, Sarah Hassid est maître de conférences à l’Université Paris I. Diplômée de l’École du Louvre et du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, elle consacre ses recherches au dialogue des arts visuels et sonores, aux imaginaires artistiques polysensoriels, ainsi qu’aux méthodes de formation créative de l’œil et de l’oreille au XIXe siècle. Elle a soutenu en décembre 2019, à l’Université Paris I, une thèse de doctorat intitulée « L’imaginaire musical et la peinture en France entre 1791 et 1863 : mythes, pratiques et discours » récompensée par un prix de la Chancellerie des Universités. Elle est également l’auteur d’un ouvrage sur le salon littéraire, artistique et musical de Berthe de Rayssac paru en 2015. Elle mène ses recherches au sein de l’équipe d’accueil HiCSA de l’Université Paris I (EA 4100) et des laboratoires IReMus (UMLR 8223) et ITEM en tant que chercheuse associée.

Projet EUR :

Durant mon année de postdoctorat à l’EUR Translitterae en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, j’ai entrepris un projet de recherche sur le compositeur et musicographe Jean-Georges Kastner (1810-1867), à partir de la reconstitution et de l’étude d’un fonds inexploré d’archives textuelles, iconographiques et de manuscrits musicaux, conservés au département de la musique. Véritable artisan de l’imaginaire musical de son temps et acteur important des transferts culturels franco-allemands au XIXe siècle, Kastner est notamment l’auteur d’un traité d’instrumentation édité en 1837 (et considéré comme le premier du genre), de nombreuses méthodes instrumentales, ainsi que d’une série d’ouvrages appelés « livres- partitions » qui traitent de sujets alors inédits dans la littérature musicographique française. Consacrés aux danses des morts, aux sirènes, à la harpe éolienne ou encore aux cris de Paris, ces sommes se composent d’un essai historique érudit parfois accompagné de planches illustrées et s’achèvent par une partition musicale originale de l’auteur, envisagée comme une interprétation créative du thème traité. Ces ouvrages proposent des mises en scène et en récit d’une matière complexe à la fois historique, artistique, technique et légendaire, à la croisée entre les disciplines de la musicologie, de l’histoire de l’art, de l’archéologie et de la philologie. Abordant ses sujets à la manière d’un anthropologue, Kastner cherche à comprendre les phénomènes d’interaction entre les effets produits par certaines sonorités et un imaginaire collectif, fondé sur des mythes, des croyances et des pratiques sociales. Parallèlement à la reconstitution, à l’inventaire et à un travail sur la provenance et l’histoire du fonds Kastner- Boursault, mon projet de recherche a consisté à éclairer la manière dont Kastner initie une musicographie anthropologique et pédagogique originale au XIXe siècle, dans laquelle les savoirs scientifiques et profanes, de même que les théories et les pratiques s’entremêlent. A l’issue de cette année de postdoctorat, mes recherches s’oriente vers l’étude de la culture visuelle et matérielle des époux Jean-Georges et Léonie Kastner et sur son rôle dans le modèle épistémologique singulier qu’ils conçoivent. Outre deux articles scientifiques en cours de rédaction, je travaille actuellement, en collaboration avec Florence Gétreau, à l’édition critique d’un livre-partition inédit de Kastner sur la musique légendaire retrouvé dans les collections du département de la musique à l’occasion de cette recherche postdoctorale. Ce projet entamé grâce au soutien de l’EUR Translitterae et de la Bibliothèque nationale de France sera également prolongé par l’organisation d’un premier colloque, prévu pour le printemps 2023, consacré aux époux Kastner-Boursault et à leur importante collection musicale.

©Photo Emmanuel Nguyen Ngoc

©Photo Sarah Hassid

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