Patricia LAVELLE

By 30 janvier 2020février 26th, 2020Professeurs invités

Du 30 janvier au 4 février 2020

Poétiques de la pensée théorique. A partir de Walter Benjamin

Jeudi 30 janvier, 14h-16h, salle Celan, dans le cadre du séminaire “Make it new : traduire la poésie (histoire, théorie, pratique)” – Nathalie Koble & Roland Béhar.

“D’une épistémologie de la traduction à la transcréation poétique. Walter Benjamin et Haroldo de Campos.”

Mardi 4 février, 11h-13h, et mardi 11 et 25 février, 10h-12h, salle Pasteur

Sans être poète, Walter Benjamin pensait poétiquement – c’est Hannah Arendt qui l’affirme et son observation porte notamment sur le rôle central de la métaphore dans les constructions théoriques de l’ami intime, avec lequel elle a entretenu une longue correspondance. En effet, bien que Benjamin ne développe pas une théorie de la métaphore, il thématise à plusieurs reprises le problème de la présentation théorique dans son rapport au langage. Déjà dans son programme philosophique de 1917-1918, il reprend la critique de Hamann à la terminologie mathématique de Kant et souligne l’expression nécessairement langagière de la philosophie. Plus tard, dans la Préface épistemo-critique d’Origine du drame baroque allemand, il oppose la notion de concept à celle d’idée, identifiant cette dernière à la dimension symbolique du langage, et propose une réflexion sur les genres d’exposition philosophique. Mais il ne se contente pas de réfléchir théoriquement à ce problème qui nous renvoie aux rapports intimes (bien que parfois secrets) de la philosophie à la poésie. Il opère de manière indéniablement poétique quand, rassemblant des matériaux divers, il construit des métaphores et invente des récits qui se rapportent à des éléments conceptuels.

En effet, l’œuvre de Benjamin ne cesse de nous renvoyer de manière radicale à la question sur une poétique de la pensée théorique. C’est cette question que pose aussi Hannah Arendt dans La Vie de l’esprit, où elle se intéresse théoriquement à la métaphore, se référant également aux recherches metaphorologiques de Hans Blumenberg. Il s’agira donc de partir de la confrontation avec l’œuvre hybride de Walter Benjamin, pour ensuite s’intéresser aux poétiques contemporaines de la pensée proposées par Arendt et par Blumenberg.

 

Patrícia Lavelle est professeure de théorie littéraire à l’Université pontificale catholique de Rio de Janeiro (PUC-Rio) et docteur en philosophie par l’EHESS de Paris, où elle a vécu entre 1999 et 2014. Elle a publié des essais en France et au Brésil, notamment Religion et histoire : sur le concept d’expérience chez Walter Benjamin (Cerf, « Passages », 2008), et a dirigé plusieurs ouvrages, parmi lesquels le Cahier de L’Herne consacré à Walter Benjamin, paru en 2013. En poésie, elle a publié Migalhas metacríticas (7Letras, 2017) et Bye bye Babel (7Letras, 2018). Elle a aussi organisé, avec Paulo Henriques Britto, O Nervo do poema – Antologia para Orides Fontela (Relicário, 2018).

Principales publications scientifiques :

Livres publiés :

Religion et histoire : sur le concept d’expérience chez Walter Benjamin, Paris, Le Cerf, coll. Passages, 2008.

O Espelho distorcido : imagens do individuo no Brasil oitocentista, Belo Horizonte, Editora UFMG, 2003.

Livres organisés et éditions : 

Poesia e filosofia : homenagem a Orides Fontela, Belo Horizonte, Relicário, 2019.
(Direction de l’ouvrage collectif en collaboration avec Paulo H. Britto, Pedro Duarte e Henrique Estrada, et présentation)

Walter Benjamin, A Arte de contar histórias, São Paulo, Hedra, 2018.
(Direction et présentation d’un recueil de textes de Walter Benjamin, traduction en portugais de l’essai sur le conteur)

Cahier de L’Herne Walter Benjamin, Paris, L’Herne, coll. Cahiers de l’Herne n°104, 2013.
(Direction et présentation de l’ouvrage collectif)

Walter Benjamin, Enfance berlinoise vers 1900. La version dite de Giessen (1932-1933), traduction de Pierre Rusch, Paris, L’Herne, 2012 (Préface et notes éditoriales).

Walter Benjamin, le critique européen, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2010
(Direction et présentation de l’ouvrage en collaboration avec Heinz Wismann).

Direction de numéro thématique de revue :

Les Visages du monde chez Hans Blumenberg, Revue philosophique de Louvain, 2015 (en collaboration avec Marc de Launay).

L’Herméneutique littéraire et son histoire : Peter Szondi, Revue germanique internationale, 2013 (en collaboration avec Marc de Launay).

Articles de revue (cinq dernières années) :

« Perspectivas para uma metaforologia da antropofagia : Blumenberg, Montaigne et Oswald de Andrade », Aletria, v.29-3, p.133-149, 2019

« Histoire, politique et narration. Benjamin, lecteur de Kafka », Cités, v.74, p.77-90, 2018.

« Literatura, reflexão e semelhança. Uma afinidade entre Benjamin e Ricoeur », Kriterion (UFMG), v. 139, p.235-253, 2018.

« Philosophie, poésie et mythe. Une lecture insistante d’Orides Fontela », Po&sie, v.164, p.27-34, 2018.

« Walter Benjamin e o contador de histórias : (re)fundação do conto como gênero crítico », Revista Gragoata (UFF), v.22, p.832-857, 2017.

« Critique esthétique et philosophie des valeurs. Walter Benjamin, l’élève de Rickert », Nouvelle revue d’esthétique, v.18, p.63-70, 2016.

« Que se passe-t-il quand Souci traverse le fleuve ? Les effets métaphoriques de la fable chez Blumenberg », Revue philosophique de Louvain, v.113, p.311-323, 2015.

« Mimesis et enigma: sobre Infância em Berlim por volta de 1900 », Poiésis, v.24, p.77-92, 2014.

Traductions (choix) :

Orides Fontela, choix de poèmes, Po&sie, 2018 (Traduction du portugais en français, en collaboration avec Marc de Launay).

Paul Ricoeur, Sur la traduction, Belo Horizonte, Editora UFMG, 2011(Traduction du français en portugais et présentation).