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Mario RANIERI MARTINOTTI

Mario RANIERI MARTINOTTI

Actuellement doctorant à l’École normale supérieure de Paris, Mario Ranieri Martinotti est diplômé de l’université Paris-Sorbonne et de Sciences Po ainsi que du master « Théorie de la littérature » co-accrédité par l’École des hautes études en sciences sociales, l’ENS et Paris-Sorbonne. Il a également étudié une année à l’Université de Berkeley (California). Intéressé par les rapports entre histoire, littérature et philosophie, il a rédigé deux mémoires de recherche. Le premier, intitulé « Devant la loi. » La parabole des réfugiés, propose une relecture de ce fameux texte de Franz Kafka, support d’innombrables lectures philosophiques et politiques, à l’aune de son contexte socio-historique de publication, intervenue pendant la première guerre mondiale dans la revue sioniste pragoise Selbswehr. Le deuxième mémoire, intitulé Le déchaînement de la réalité vraie, porte sur les théories du réalisme développées par Erich Auerbach et Georg Lukács et leur résonance avec les œuvres de Dante et de Balzac. Passionné également par le septième art, il a co-organisé la nuit du cinéma « Ecrans de l’exil » le 10 et 11 novembre 2018 dans le cadre des « Journées des actualités de la non-violence » de l’ENS. Par ailleurs, il a été administrateur-apprenti à la Commission des lois du Sénat et co-fondateur du journal interuniversitaire La Gazelle.

Projet EUR : Balzac 1900-1950. Un terrain transnational d’affrontement politique.

En 1900, Balzac est devenu un monument. Des statues sont érigées en son honneur comme celles de Rodin et de Falguière. Ses œuvres complètes sont rééditées sans cesse et entrent dans les programmes scolaires. Elles sont étudiées par les universitaires. Balzac est devenu un écrivain national. Sa figure est dès lors le terrain d’un intense affrontement politique, en particulier, entre les critiques nationalistes et monarchistes de l’Action française et les critiques communistes. Partant de cette polarisation, la thèse de Mario Ranieri Martinotti s’attachera à mettre en exergue le caractère politique des autres critiques balzaciennes (de la critique lansonienne à celle de Proust, de la critique érudite à celle de Béguin) et de leur traitement de catégories littéraires apparemment neutres telles que le style, la description ou le roman appliquées par un critique à l’œuvre balzacienne. Au cours du premier XXe siècle, cet affrontement dépasse rapidement les frontières de l’Héxagone : sous l’impulsion de deux principaux courants critiques transnationaux, le marxisme et le cosmopolitisme germanophone post-romantique, Balzac entre au panthéon de la littérature mondiale. Sa thèse étudie les échanges qui se nouent entre ces mouvements transnationaux et la critique francophone et comment matériellement les idées circulent. Les questions qu’elle soulève seront appréhendées dans une perspective diachronique avec l’objectif d’observer ce que l’Histoire fait à la critique balzacienne, comment l’événement (une guerre mondiale, une crise économique ou politique) réarticule la façon dont on donne sens au texte. Elle interrogera le rapport que nouent les critiques entre leur temps historique propre et le temps historique de Balzac, qui est de moins en moins leur contemporain. Aux confluents de l’histoire sociale, de l’histoire culturelle, de l’histoire de la critique, de l’histoire de la philosophie et des idéologies, ce travail explore les enjeux politiques des usages critiques de Balzac, des stratégies d’appropriation et de patrimonialisation de son œuvre, de sa circulation transnationale, de la transmission et de la sélection de l’héritage critique. Il permettra de sortir d’un relatif oubli des approches et des savoirs critiques fortement politisés du premier XXe siècle.

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