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« Brassens traduit. Dialogues en chansons »

By 23 septembre 2021octobre 19th, 2021Colloques & Journées d'études

« Brassens traduit. Dialogues en chansons »

Paris, École Normale Supérieure
Salle Dussane - 45, rue d'Ulm
06 novembre 2021

Porteuse du projet : Stella Manet
Organisation : Mirella Conenna, Anne-Marie Paillet
Interventions musicales : Bruno Granier

Inscription obligatoire : pascale.arauz-aubrun@ens.psl.eu

Programme

MATIN

9h00 | Accueil des participants et ouverture des travaux

9h30 | Mirella Conenna, Université « Aldo Moro » de Bari
Méta-dialogues

Le dialogue auteur/traducteur, un objet d’étude assez répandu en littérature, n’a pas toute sa place en traductologie. En revanche, nous croyons que son traitement d’un point de vue théorique pourrait contribuer à mieux élucider certaines conjonctures traductives.
Afin de mettre en œuvre un tel projet, nous avons d’abord ébauché une catégorisation de nature à définir le modèle de la dialectique auteur/traducteur, qui concerne surtout le domaine littéraire. Puis, nous avons prolongé ces remarques en prenant pour objet la traduction de la chanson. Ainsi, nous espérons mettre en évidence que la dialectique auteur/traducteur, qui se veut un nouveau principe traductologique, concourt à la définition des fondements de la traduction de l’objet chanson.
L’exemple que nous avons choisi pour illustrer notre propos est celui des traductions italiennes des chansons de Georges Brassens. Cette étude, fondée sur des entretiens que nous avons eus avec certains traducteurs de Brassens, nous a amenée à ajouter un autre niveau à notre catégorisation : le dialogue du traductologue avec le traducteur. La validité empirique de cette démarche dialogique peut sans doute être généralisée. En ce sens, le méta-dialogue contribue à une détermination de la dialectique auteur/traducteur.

10h00 | Giulia D’Andrea, Université du Salento
Soliloque à deux voix : Dans l’eau de la claire fontaine

Notre communication s’appuie sur une expérience personnelle de traduction chantée, où le texte source et le texte cible sont « non seulement équivalents du point de vue sémantique et pragmatique, mais aussi chantés plus ou moins sur la même musique » (D’Andrea 2020). Nous privilégierons le genre de la chanson et, en l’occurrence, la chanson de Georges Brassens Dans l’eau de la claire fontaine. La langue-cible de notre version sera le dialecte parlé, en Italie, dans le Salento, la partie située dans le sud de la région des Pouilles. 

En tant que traductrice et traductologue, nous illustrerons certains de nos choix traductifs en essayant surtout d’expliciter le dialogue intérieur qui se déroule entre le moi traducteur et le moi traductologue.

10h30 | Discussion – Pause

11h00 | Fiorella Sassanelli, Conservatoire de Musique de Matera
Brassens, mélodiste de poètes “choisis”

Cette étude vise à commenter les choix poétiques de Brassens par rapport au répertoire vocal de chambre du 19e et du 20e siècles en France. A travers la musique, les compositeurs, de Berlioz à Poulenc, traduisent sous forme de mélodies les poèmes de Hugo, Lamartine, Jammes, Verlaine. Ce poètes choisis ont été également choisis par Brassens. Quelle direction esthétique ce choix pourrait-t-il suggérer ? Quelles analogies, quelles différences envisage-t-on entre une mélodie chant et piano et une chanson inspirée par le même texte poétique ?

11h30 | Marcella Frisani, CESSP-CSE/EHESS, Paris.
Intermédiaires et prescripteurs dans la circulation internationale de la chanson d’auteur

Alors que les approches herméneutiques proposent une analyse internaliste des textes en traduction, les Translation Studies, formées entre les années 1970 et 1980 [Even-Zohar 1990 ; Toury 1995], ont posé la question de leur contexte de production et de réception. Plus récemment le paradigme circulatoire [Vauchez 2013], adopté par l’histoire, la sociologie et les cultural studies, a permis de déplacer la focale en faisant émerger les déterminants socio-économiques qui participent de la légitimité d’un produit culturel à l’échelle internationale. Dans le cadre de notre communication nous retiendrons les approches portant sur les conditions sociales de la circulation internationale des biens symboliques [Bourdieu 2002, Sapiro 2008]. Nous essaierons de montrer de quelle manière ce prisme pourrait contribuer à repenser Brassens en traduction, tout en situant l’étude de la chanson française d’auteur dans une perspective socio-historique qui prenne en compte la problématique de l’intermédiation.

12h00 | Discussion

APRES-MIDI

14h30 | Dimitris Bogdis
L’odyssée traductive hellénique des chansons de Brassens

Il s’agit d’envisager ici la triple contrainte, sémantique, esthétique et rythmique / mélodique, dans la traduction des chansons. Comment se déroulent les tribulations d’un traducteur empirique dans l’univers de Brassens, précisément lorsqu’il s’agit d’un traducteur qui navigue entre la langue d’Hugo et celle de Palamas, poète grec ?
Dans la traduction des chansons il y a inévitablement des pertes sur le plan sémantique et/ou esthétique, dans la mesure où la structure rythmique / mélodique est quasi intouchable puisque déterminante. Au traducteur donc d’établir des priorités concernant le « sacrifice » de tel élément sémantique ou esthétique afin de respecter le plus possible la structure rythmique / mélodique.
C’est dans ce contexte que la question de la transposition des expressions (souvent paraphrasées) et des jeux de mots chers à Brassens se pose.

15h00 | Cyril Bouchard
Brassens, maestro de Fabrizio De André

Georges Brassens fut largement traduit en italien et même dans ses différents dialectes. Un de ses plus illustres disciples fut l’auteur- compositeur- interprète Fabrizio de André, contribuant ainsi au succès et à la renommée de Georges Brassens en Italie.
Mais à l’inverse, bien qu’extrêmement talentueux, Fabrizio de Ande reste encore méconnu en France.
Dans le cadre de ce colloque, ma communication entend lui rendre hommage
Ce passeur de G.Brassens et énorme créateur dans la chanson européenne , vous sera présenté à travers les éléments de sa personnalité et de son œuvre. En relevant les analogies entre les chansons originales de Brassens et leurs traductions par De André, nous tenterons de comprendre l’influence de l’auteur français sur le Cantautore génois. Cette filiation fût si forte , que Fabrizio de André reconnaitra en Brassens son maestro.

15h30 | Discussion – Pause

16h00 | Stella Manet, ENS
Brassens, Histoire et petites histoires

Si la vie et l’œuvre de Georges Brassens ont été envisagées sur plusieurs aspects, force est de constater, que la façon dont l’histoire intervient dans sa création n’a pas encore fait l’objet de recherches des spécialistes.
Pourtant, personnages et événements historiques nourrissent souvent l’imagination de l’auteur, animent ses chansons, l’aident à traverser les temps dans la longue durée.
S’appuyant sur un petit gisement de textes, où Brassens fait explicitement appel à l’histoire, ma contribution cherche à dégager les différentes formes d’histoire – avec un grand H ou comme micro-histoire ou ego-histoire et à voir comment ses petites histoires contribuent à dessiner le cadre d’une histoire sociale de son temps.
Étant donné que les usages de l’histoire s’inscrivent dans l’imaginaire de chaque société, un regard furtif sera également porté sur le comment les traducteurs de Brassens reprennent ses références historiques en les réinterprétant pour mieux les rendre intelligibles par leurs publics.

16 h 30 | Anne-Marie Paillet, ENS
« Allons vers l’autre monde en flânant en chemin » – Sur l’humour de Brassens

On tentera de définir l’humour de Brassens, en étudiant d’abord le jeu sur les signifiants, et notamment sur les rimes – lieu d’une provocante jubilation, mais qui fait toujours sens, ainsi que le défigement lexical, qui déjoue les idées reçues ; d’autre part, le décalage inattendu entre un langage cru et une langue très littéraire où  la référence culturelle conjugue irrévérence et élégance; enfin, les jeux de paradoxe et d’inversion au service de l’anticonformisme : autant de composantes qui construisent une posture humoristique bien particulière au chanteur. L’humour de Brassens : quel défi pour les traducteurs !

17h00 | Discussion – Clôture

18h00 | Concert de Bruno Granier, suivi d’un cocktail

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