Projet

Colloque

Autre manifestation

Quand les transferts culturels engendrent une nouvelle science. Humanisme, sciences, techniques (XIVe-XVIe s.)

Porteurs du projet : Michela MALPANGOTTO et Pierre CAYE (SYRTE-Observatoire/CJP-ENS)

Thématique

 

Il s’agit de proposer un programme de recherche-formation en histoire des sciences à la Renaissance. L’histoire des sciences à la Renaissance a ceci de tout à fait particulier par rapport à l’histoire des sciences des périodes suivantes qu’elle repose essentiellement sur les textes et c’est en quoi elle participe pleinement du mouvement humaniste qui devient, à ce moment précis, le moteur du changement profond qui engendre une nouvelle science. C’est cette spécificité à la fois épistémologique et méthodologique que nous nous proposons de mettre en valeur. Le texte qui passe de main en main, de copiste en copiste, est un véhicule ; il est l’opérateur privilégié, tout particulièrement dans le cas des textes scientifiques, des transferts de savoir de Byzance ou du monde arabe vers le monde latin ; mieux il définit le savoir comme transfert.
Ce rapport au texte lui-même revêt 3 formes distinctes à ce moment : il passe par l’établissement du texte, mais aussi par sa traduction et parfois par ses commentaires. Edition, traduction, commentaires sont les fondements du savoir du texte. Le savoir est d’abord un fait de langue. Ce qui signifie qu’il importe, quand on étudie l’humanisme scientifique, de bien comprendre l’articulation de la parole et de l’objet de la langue et de l’écriture qui exprime des nouveaux concepts propres à la nouvelle conception du monde, de la nature, de l’homme et de son rapport au réel qui découle de ce mouvement de pensée. Ceci est d’autant plus vrai si l’on considère que l’humanisme scientifique, dans ses premières expressions, donne vie à des révolutions qui sont souvent passées inaperçues par l’historiographie. Or, ce changement à la fois conceptuel, épistémologique et méthodologique passe par la lecture et l’analyse des textes anciens. L’humanisme y joue donc un rôle décisif. Ce qu’il reste à comprendre est par quel biais il a agi, quels textes ont stimulé le changement dans la vision du monde et de la nature, comment les textes clés de cette transformation sont devenus accessibles aux premiers humanistes.

Pour nourrir notre réflexion méthodologique et épistémologique sur l’humanisme scientifique tel que nous l’avons défini à travers son rapport au texte, nous nous proposons d’étudier trois domaines où l’articulation entre la constitution du savoir scientifique et la « science » des textes est particulièrement opératoire : l’astronomie, en prenant comme objet d’analyse la redécouverte de l’Almageste de Ptolémée ; l’architecture et la technique, en prenant comme objet d’analyse la redécouverte du De architectura de Vitruve ; la botanique, en prenant comme objet d’analyse la redécouverte du De Plantis de Théophraste.

Danièle Ansermet, Crépuscule