Projet

Colloque

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Oceanic Whakapapa in Patricia Grace’s Chappy (2015)
[Généalogie océanique dans Chappy (2015) de Patricia Grace]

Porteuse du projet : Christine LORRE-JOHNSTON (THALIM)

Thématique

 

Ma demande de soutien auprès de l’EUR Translitterae concerne une communication qui a été acceptée pour le congrès de l’ACLALS (Association for Commonwealth Literature and Language Studies) qui se tiendra à l’Université d’Auckland (Nouvelle-Zélande) du 15 au 19 juillet 2019 sous le titre « The Uncommon Commonwealth ». Ma communication, intitulée « Oceanic Whakapapa in Patricia Grace’s Chappy (2015) », porte sur le dernier roman de l’écrivaine néo-zélandaise, qui évoque l’histoire d’une vaste généalogie (whakapapa en Māori) s’étendant sur l’ensemble de l’Océan Pacifique. Le roman remonte le temps, allant de la période contemporaine à celle précédant la Seconde Guerre mondiale, tandis que les destinées des personnages les mènent en Nouvelle- Zélande, au Japon, à Hawaii, en Suisse… la Nouvelle-Zélande jouant un rôle de pivot dans ces processus de migration. Il pourrait être tentant de lire cette histoire comme l’un des nombreux exemples de la mondialisation qui s’est accélérée dans la seconde moitié du XXe siècle, avec l’intensification des échanges, l’impact des conflits mondiaux, et la circulation accrue des influences culturelles. Mais considérant le point de vue de Grace, en tant qu’écrivaine Māori engagée, il semble plus juste d’interpréter son récit comme une réaffirmation des liens qui unissent les peuples de l’Océan Pacifique, ainsi que des connexions entre les diverses régions de cet océan – et au-delà, avec le reste du monde. La généalogie, et son équivalent Māori de whakapapa, sont revisités par Grace pour mettre en avant la notion d’appartenance, à travers le travail, la communauté et l’investissement personnel de chacun au sein de cette communauté. Mais Grace en souligne aussi l’ouverture et la fluidité, et la manière dont la narration de la généalogie peut intégrer des événements tels que les guerres, les migrations et les déplacements. Elle offre ainsi une vision alternative à celle de la mondialisation, une vision dans laquelle les racines autochtones jouent un rôle essentiel, mais pas essentialiste.

Danièle Ansermet, Crépuscule