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Projet – GEFEN SAINT-RAYMOND – IA fiction

IA fiction

Porteurs du projet :
Alexandre GEFEN (CNRS UMR THALIM) & Léa SAINT-RAYMOND (ENS)

Road trip entièrement écrit par une Intelligence Artificielle embarquée dans une voiture, 1 the road de Ross Goodwin a rejoint à la rentrée littéraire 2019 toute une série de textes dont le point commun était de mettre en scène et en acte un rêve d’automatisation et d’artificialisation du langage littéraire, dont la généalogie remonte au moins aux premières écritures automatiques de l’Oulipo : l’Intelligence Artificielle n’est désormais plus seulement une fiction mais un outil à produire ou comprendre des fictions. Dans les dernières évolutions de ces algorithmes producteurs de fiction, l’image s’est immiscée, de l’illustration et du roman photographique au film automatisé, en passant par l’imagination artificielle qui s’est déployée dans le champ de l’art contemporain. Databiographie de Charly Delwart retrace un destin en s’appuyant sur des données numériques et leurs visualisations ; Hito Steyerl revisite la puissance narrative du film documentaire à l’aide d’algorithmes de deep learning pour mieux interroger sa capacité à façonner le réel ; Second Earth de Grégory Chatonsky nous promène dans un nouveau monde dont les images, générées automatiquement, disent déjà l’histoire, tandis qu’en associant deux images à un connecteur logique il montre la puissance d’un algorithme à créer une petite histoire (If.. then, 2008 ??).
En passant du fantasme à des outils informatiques, s’ajoutent ainsi, aux représentations fictionnelles de l’IA qui viennent interroger les catégories philosophiques par lesquelles nous pensons l’humanité
et notre place dans le monde, des usages émergents des IA narratives en ouvrant un champ d’opportunité et de peur pour la culture : d’une part, la création par l’IA ou assistée par l’IA peut offrir un champ expérimental majeur intéressant autant les écrivains conceptuels, les scénaristes que les praticiens du storytelling, les plasticiens et les performeurs. D’autre part la manière dont la culture se « dataifie » et celle dont ces datas sont analysées peut affecter profondément l’industrie de la fiction et sa maitrise de l’attention, multipliant encore notre perplexité face à l’émergence d’une intelligence narrative artificielle.
Le programme « IA Fiction » vise donc à s’intéresser autant à la signification du thème de l’IA dans la fiction (littérature, séries, films, bande dessinée, jeux vidéo, oeuvres d’art) qu’aux usages créatifs de l’IA pour produire la fiction en textes, en sons, en images fixes et animées, comme en jeux vidéos, et et aux méthodes IA pour analyser la fiction dans le champ des Humanités Numériques.