De novembre 2019 à avril 2020

Migration des hommes, migration des savoirs

Aujourd’hui aucun problème n’est plus d’actualité que celui de l’immigration. Notre approche est de l’étudier sous l’angle du transfert culturel : le transfert des connaissances scientifiques. Dans l’histoire de l’humanité aucune aire culturelle n’est restée isolée. Les hommes, les livres, les idées, ont voyagé, générant des fécondations croisées. Notre projet se concentrera sur le cas des immigrations massives.

Du Ve au XXIe siècle les exemples sont nombreux. Exode des philosophes grecs en Perse après la fermeture de l’école d’Athènes, immigration d’astronomes byzantins en pays d’Islam au début de la période iconoclaste, exode des savants grecs en Occident après la conquête de Constantinople par les Ottomans, exode des savants musulmans d’Espagne au XVe siècle, exode des savants Juifs d’Espagne au XVIe siècle, des savants Huguenots après la révocation de l’édit de Nantes, des savants juifs sous le nazisme, des savants dissidents sous Staline, brain drain des chercheurs européens mis au chômage par la crise. Émigration des savants, transfert culturel, fécondations croisées.

Notre projet est d’étudier les caractéristiques principales des immigrations massives des savants porteurs de connaissances scientifiques et de se pencher sur les différences et les similitudes de ces épisodes si distincts et distants dans le temps et les civilisations. Notre approche est transculturelle et rétroactive. On se penchera sur les zones de contact interculturel qui ont déterminé les destinations des émigrants. On s’intéressera tant à l’apport des idées scientifiques dans les territoires d’accueil qu’à l’influence à long terme dans les territoires de l’émigration.